Barcelone, c’est une mosaïque de quartiers qui battent au rythme de chacun, reliés par des rues et des places, mais souvent séparés par des barrières invisibles. Marcher depuis les contreforts de Collserola jusqu’aux dédales de la vieille ville, c’est un voyage pas seulement architectural ou personnel, mais aussi à travers des réalités économiques très variées qui marquent le quotidien de ses habitants.
Pour chiffrer précisément cette analyse, l’Institut national de la statistique (INE) a publié ce lundi son Atlas des revenus des ménages avec des données correspondant à l’année 2024. Cette carte très détaillée présente les revenus bruts moyens (avant impôts) des familles, en montrant rue par rue comment l’argent est réparti dans la capitale catalane et en mettant en évidence la persistance d’un fossé qui a du mal à disparaître.
Les deux extrêmes de la ville
Si on examine la carte de plus près, la balance de la richesse penche de manière flagrante. Les familles qui vivent à Sant Gervasi – Galvany et à Pedralbes ont le revenu brut le plus élevé de toute la ville, avec une moyenne de 167 076 euros par an.
Ce montant est plus de cinq fois supérieur aux revenus de l’autre bout du classement. La zone où les revenus sont les plus bas se trouve à Nou Barris, plus précisément dans le quartier de Can Peguera, où les ménages gagnent en moyenne 29 645 euros par an. Cette zone est suivie de très près par d’autres quartiers du même arrondissement, comme Ciutat Meridiana (31 348 euros) et la Trinitat Nova (31 514 euros). Vient ensuite une partie du Raval, où le revenu s’élève à 32 633 euros.
La situation par arrondissement
En regroupant les informations par quartiers, le contraste entre les quartiers chics et les zones plus modestes saute aux yeux. Sarrià – Sant Gervasi arrive largement en tête de liste, avec un revenu moyen de 130 928 euros par foyer. Il est suivi, en tant que deuxième quartier le plus aisé, par le quartier de Les Corts, avec 93 784 euros.
D’un autre côté, les revenus des quartiers les plus défavorisés ne représentent qu’à peine un tiers de ce qu’on gagne dans les quartiers chics. Les arrondissements où les chiffres sont les plus proches sont Nou Barris, avec 44 868 euros, et Ciutat Vella, qui affiche une moyenne pratiquement identique de 44 923 euros.
Barcelone face au reste de la carte
Malgré ces disparités internes, Barcelone dans son ensemble se situe bien au-dessus du niveau de pouvoir d’achat général. Le revenu brut moyen des ménages barcelonais s’élève à 66 193 euros, un chiffre qui dépasse largement la moyenne de 57 176 euros en Catalogne et celle de 47 046 euros pour l’ensemble de l’Espagne.
Le rapport de l’INE, qui analyse également les communes de plus de 2 000 habitants, classe deux localités catalanes parmi les plus riches du pays. Même si le podium absolu revient à la Communauté de Madrid — avec en tête Pozuelo de Alarcón (148 589 euros) et Boadilla del Monte (131 904 euros) —, la commune de Matadepera, dans le Vallès, occupe la troisième place nationale avec 130 855 euros. Un peu plus loin, consolidant sa place de deuxième commune la plus riche de Catalogne, on retrouve une autre commune du Vallès Occidental, Sant Cugat del Vallès, avec un revenu de 111 774 euros.